Conditions de Travail

Les artistes constituent une force de travail qualifiée, flexible et mobile. Ils s’accommodent souvent de conditions de travail difficiles, du fait notamment de temps de répétition écourtés, de longues heures de travail, de déplacements souvent inconfortables, de lieux de travail peu conventionnels, de mouvements parfois physiquement ardus, d’environnements et de publics multilingues, d’accessoires et de costumes encombrants, etc.

Malgré une formation longue et exténuante, nombreux d’entre eux sont contraints à une retraite anticipée du fait des contraintes physiques liées à leur travail et peinent ensuite à bénéficier d’une formation complémentaire leur permettant d’envisager un nouvel avenir professionnel. C’est notamment le cas pour les danseurs qui appréhendent souvent la fin de leur carrière peu après leurs 30 ans. La formation tout au long de la vie est une nécessité pour les artistes-interprètes, qui doivent continuellement s’adapter aux nouvelles technologies, maitriser de compétences pointues et changeantes et livrer des performances artistiques parfaites en toutes circonstances. Trop souvent, on attend d’eux qu’ils adaptent naturellement leurs compétences pour répondre à ces nouveaux défis, alors que les opportunités qui s’offrent à eux en terme de formation continue sont souvent inadaptées.

Alors que quelques artistes-interprètes jouissent d’un emploi permanent, la plupart d’entre eux travaillent sur de courtes durées, pour des employeurs multiples et successifs, souvent le temps d’une production. Malgré le fait qu’une relation de subordination puisse clairement être établie pour une grande majorité d’entre eux, les contrats de courte durée sont souvent présentés sous forme de contrats d’indépendants par les employeurs, ce qui est rarement remis en question par les artistes qui se retrouvent en pratique à travailler comme des prestataires de services. Il s’agit souvent d’un gain réel pour l’employeur, qui économise les coûts liés à l’emploi, mais aussi un arrangement difficilement acceptable pour les artistes. En effet, si le statut d’indépendant promet quelques avantages fiscaux, il prive souvent aussi les artistes de protections substantielles généralement garanties aux travailleurs et les dépossède de droits sociaux fondamentaux. Une interprétation zélée du droit de la concurrence peut également leur interdire le bénéfice d’importants droits syndicaux et sérieusement entraver la négociation collective.

Le travail des artistes-interprètes est de plus en plus précaire, remettant en cause leur capacité à gagner leur vie et obligeant un grand nombre d’entre eux à envisager d’autres professions, compromettant la liberté d’expression, la diversité culturelle et l’accès à des contenus de qualité. Les syndicats jouent un rôle fondamental pour garantir aux artistes-interprètes des conditions d’emploi convenables ; la FIA est déterminée à soutenir leurs efforts en partageant les expériences, en fournissant une expertise technique et en véhiculant la solidarité de ses membres vers ceux d’entre eux qui en on ont le plus besoin.