Comment la FIA a t'elle été fondée?

 

La Fédération Internationale des Acteurs (FIA) a été fondée au début des années 50 par deux syndicats d'acteurs basés en France et au Royaume-Uni. 

Gerald Croasdell - Secrétaire Général de British Actors' Equity de 1958 à 1973 puis Secrétaire Général de la FIA de 1974 à 1983 - a écrit un récit fascinant de ces premières années :

" La première réunion de ce qui deviendra plus tard la Fédération Internationale des Acteurs a eu lieu à Paris les 2 et 3 avril 1951, lorsque le Syndicat National des Acteurs Français a organisé une réunion des syndicats d'acteurs européens. Ce qui était appelé le Premier Congrès Européen des Acteurs n'était, en réalité, pas la première tentative du syndicat français de réunir les syndicats d'acteurs : une initiative similaire avait été prise en 1928 mais elle avait échoué.

Mis à part les groups régionaux et linguistiques - ex. Nordisk Skuespillerad formé par les syndicats scandinaves - les syndicats d'acteurs semblaient avoir du mal à s'organiser à l'international. Le mérite revient donc en grande partie à Jean Darcante, alors Président du syndicat des acteurs français, pour sa persévérance et sa clairvoyance. Il avait compris que les problèmes des artistes-interprètes professionnels dépasseraient de plus en plus les frontières nationales et demanderaient des solutions internationales découlant de la coopération entre les syndicats d'artistes interprètes des différents pays.

La dévotion de Jean Darcante au concept de coopération internationale est d'autant plus remarquable que la majeure partie de l'Europe était toujours en train de se remettre de la Seconde Guerre Mondiale, bientôt suivie par le " Guerre Froide ", qui entrava les relations internationales. Des représentants des syndicats d'artistes-interprètes de Tchécoslovaquie, Pologne et ce qui deviendra plus tard la République Démocratique d'Allemagne - qui étaient tous intéressés par la Fédération dès ses débuts - étaient parfois incapables de participer aux Congrès, car ils ne pouvaient pas avoir leurs visas pour entrer dans le pays accueillant l'évènement.

Dans les pays particulièrement dévastés par la guerre, les syndicats d'artistes-interprètes ont expérimenté des problèmes immédiats, dont la reconstruction des théâtres, qui a été très lente, notamment en Grèce où les reconstructions sous le Plan Marshall ne prévoyaient rien pour les théâtres.

Pourtant, étaient présents lors de cette première réunion : des représentants des syndicats d'acteurs de Belgique, Danemark, France, Hongrie, Norvège, Suisse et Royaume Uni. Des manifestations d'intérêt et de bienveillance avaient également été reçues de Finlande, Italie, Pologne, Suède, Allemagne de l'Est et ancienne Yougoslavie.

Les efforts de Jean Darcante pour rassembler les syndicats d'artistes-interprètes nationaux étaient en grande partie liés à son inquiétude quant aux droits des artistes-interprètes, ou plutôt, quand à l'absence de ceux-ci. Le syndicat français, luttant lui-même sans succès pour obtenir une législation nationale sur les droits des artistes-interprètes, était persuadé que l'introduction de la télévision exacerberait le problème dans tous les pays. Les droits des artistes-interprètes sont en effet devenus une préoccupation majeure dans les années qui ont suivi.

D'autres sujets d'inquiétude résultant de l'échange d'émissions de radio enregistrées et de programmes télévisés ont également été discutés lors de cette réunion. En effet, considérant que dans de nombreux pays d'Europe, à l'exception du Royaume Uni et de la France, la télévision n'était qu'à une phase expérimentale ou pas encore introduite, ces craintes précoces se sont avérées d'une précision remarquable. La télévision aurait d'énormes répercussions sur tous les aspects de la profession.

Les participants à cette première réunion étaient, dès l'après midi du deuxième jour, suffisamment convaincus de la nécessité et de la valeur de la coopération internationale entre les syndicats d'acteurs pour adopter une résolution appelant à la rédaction d'une Constitution qui pourrait établir une organisation européenne des acteurs.

La réunion des syndicats d'acteurs européens suivante a eu lieu à Londres les 16, 17 et 18 juin 1952. Des délégués venant de quinze pays d'Europe et un observateur d'Australie y ont assistée.

C'est dans la Constitution, rédigée par Jean Darcante avec Gordon Sandison et Gerald Croasdell - respectivement Secrétaire Général et Secrétaire Général adjoint de British Actors' Equity - qu'est apparu pour la première fois le titre " Fédération Internationale des Acteurs et des Artistes-Interprètres". Jean Darcante anticipait que si les syndicats d'acteurs accédaient à des réunions internationales, leur organisation devrait être " internationale " plutôt qu' " européenne " dans son titre. Il croyait également que, dans l'avenir, des syndicats d'acteurs non européens pourraient vouloir joindre l'organisation.

La Constitution et le titre - réduit à " Fédération Internationale des Acteurs " - ont été adoptés et la deuxième réunion des syndicats d'acteurs européens est devenue le 1er Congrès de la Fédération Internationale des Acteurs. Jean Darcante a été élu Président, Gordon Sandison Vice-président et le Comité Exécutif était composé de l'Autriche, du Danemark, de l'Italie et de l'ancienne Yougoslavie. Le syndicat français a accepté de fournir des bureaux pour le Secrétariat de la Fédération et les services de Pierre Chesnais comme Secrétaire Général. "