Les Secrétaires Généraux de la FIA

La FIA a grandi régulièrement année après année, son travail étant consciencieusement administré par plusieurs Secrétaires Généraux présentés par la frise ci-dessous.

Dominick Luquer

2001

Dominick Luquer a rejoint la FIA fin 1999. Il avait alors été recruté pour construire une représentation solide de la FIA à Bruxelles, au cœur de l'Europe. Alors que de plus en plus de pays rejoignaient l'Union européenne, il est devenu clair que la FIA devrait établir une relation solide avec les institutions et les décideurs européens, surveiller de près les développements et faire entendre la voix des artistes-interprètes sur tous les sujets pertinents pour eux. Concentrer les ressources pour étendre le Secrétariat de la FIA est alors devenu une nécessité.

Dominick a collaboré étroitement avec Katherine Sand, alors Secrétaire Générale de la FIA, pendant environ un an et demi puis a été désigné pour lui succéder en 2001. Avant cela, il a travaillé comme avocat dans différents domaines d'expertise, du droit des consommateurs aux questions environnementales et à la protection de l'enfance. Malgré sont absence de formation syndicale, Dominick avait une affinité naturelle avec le monde des artistes-interprètes et été déterminé à les aider à améliorer leur existence - une passion qu'il partage dorénavant avec trois autres membres du personnel. En 2010, il a déménagé le bureau de la FIA de Londres à Bruxelles et a étendu les ressources de la FIA pour renforcer le Secrétariat. La FIA avait besoin de grandir pour continuer à servir ses membres à un moment critique, lors que la technologie était sur le point d'amener de nouvelles opportunités mais également de défis sans précédents.

La croissance extraordinaire d'Internet et des médias numériques a modifié la façon dont nous pensons, vivons et interagissons les uns avec les autres. Elle a transformé le comportement des consommateurs, a faire du monde un endroit beaucoup plus petit et à fait tomber les barrières géographiques et politiques. Elle a également eu des implications profondes quant à la façon dont les interprétations sont faites, financées, livrées et appréciées par le public. Le vol digital a induit en erreur des générations entières les poussant à croire que la culture doit être pour tous, tant que d'autres payent pour elle. Les services de streaming mondiaux ont donné le sentiment que les contenus doivent être disponibles partout à tout moment. Alors que les membres de la FIA ont développé de nouveaux outils pour protéger et rentabiliser le travail de leurs membres dans l'environnement numérique, la Fédération continue de promouvoir des nouvelles normes internationales à l'OMPI, menant à l'adoption en 2012 du Traité de Beijing sur les Performances Audiovisuelles. Il s'agit d'une réalisation historique pour la FIA et d'un hommage à la détermination de beaucoup de ses membres, qui n'ont jamais laissé tombé et n'ont jamais perdu l'espoir, malgré le long blocage dans les négociations. Depuis ce jour, la FIA fait campagne pour la ratification de cet instrument et une mise en œuvre significative dans les systèmes nationaux légaux.

Avant cela, la FIA a vigoureusement défendu l'adoption par l'UNESCO de la Convention de 2005 sur la Protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, limitant les échanges de biens et services culturels et reconnaissant la prérogative d'un pays à produire et distribuer ses propres contenus, alimentant les opportunités d'emploi et alimentant une industrie culturelle performante.

Sous la direction de Dominick, la FIA et ses syndicats membres sont entrés dans une période de bouleversements politiques, sociaux et économiques sans précédent qui a engendré de sévères coupes budgétaire dans l'art et la culture, des réformes du marché de travail drastiques et, plus généralement, une tendance vers des formes d'emploi plus flexibles remettant en cause l'accès aux droits de travail fondamentaux. De nouveaux acteurs puissants ont fait leur apparition dans l'industrie, saisissant chaque occasion de maximiser les profits à un coût minimal dans le monde entier. La valeur de la solidarité et de la coopération internationale n'a jamais été aussi grande que durant ces années chargées. De l'action collective pour la garantie de conditions de travail décentes pour les artistes-interprètes en Nouvelle Zélande, ou le droit des artistes-interprètes à négocier collectivement en Irlande malgré leur statut d'indépendants, à la décision parmi les affiliés de la FIA de lutter contre les doubles standards dans les productions internationales en Inde, à renforcer les syndicats d'artistes-interprètes en Afrique du Sud ou protéger le statut d'emploi des artistes-interprètes en Argentine, le mandat de la FIA comme fédération internationale de syndicats n'a jamais été aussi diversifié. Alors que le monde témoigne de plus d'isolationnisme et de protectionnisme, la FIA continue de défendre la diversité et l'égalité, des conditions de travail justes pour tous les artistes-interprètes professionnels et leurs droits à s'organiser collectivement.

Katherine Sand

1996-2001

Katherine Sand a succédé à Michael Crosby en tant que Secrétaire Général de la FIA en 1995, il s'agit de la première femme nommé à ce poste. Juste avant cela, elle a travaillé en tant que Responsable de recherche et de campagne pour British Actors' Equity, à l'époque où Ian McGarry était Secrétaire Général. Il s'est agit pour elle d'une période très enrichissante durant laquelle en plus d'écrire, de faire de la recherche et de mener campagne, elle a assisté aux réunions de l'EuroFIA et a administré le Comité International pour Liberté Artistique du syndicat. Son engagement pour le soutien aux acteurs déplacés lors de la guerre de Yougoslavie a été une expérience particulièrement frappante et influente. Elle a rejoint la FIA avec une connaissance solide des syndicats d'acteurs et des problèmes qu'ils rencontrent, notamment dans les autres pays.

Avant ça, Katherine a passé plusieurs années à travailler pour le Parti Travailliste Britannique, dans l'opposition, d'abord en tant que chercheur puis en tant que Responsable des campagnes du parti, avant et pendant les élections de 1992. Malgré le fait que Katherine n'avait pas, comme ses prédécesseurs à la FIA, occupé le poste de Secrétaire Général d'un syndicat, elle a intégré l'organisation avec un profond engagement envers le mouvement syndical et une véritable expérience en matière de campagne et de recherche.

Dans la seconde partie des années 1990s, le passage de Katherine à la FIA a été dominé de façon considérable par les développements à l'OMPI. Les éléments de cette époque étaient le processus menant à l'adoption du WPPT en 1996, et ensuite - en tout cas à cette époque - la tentative ratée d'obtenir un instrument international pour protéger les droits des artistes interprètes dans leurs performances audiovisuelles. Les membres de la FIA, sous l'intendance de Katherine et l'engagement enthousiaste et exceptionnel du Président Tomas Bolme, ont travaillé sans relâche pour créer et maintenir le consensus malgré de véritables tensions à l'époque. La Fédération est demeurée forte, harmonieuse et unie.

Durant cette période, la FIA a élargi ses programmes de développement syndical, continuant à travailler dans les anciennes républiques soviétiques, et organisant de ateliers réguliers sur le développement syndical dans un certain nombre de pays d'Afrique, dont l'Afrique du Sud et le Zimbabwe, associant un grand nombre de membres de la FIA en tant que formateurs ou participants, amenant d'énormes bénéfices à toutes les personnes impliquées, formateurs et stagiaires.

Le Spectacle Vivant était également un élément important à cette période et la première Conférence de la FIA sur le Spectacle Vivant s'est tenue à Lisbonne en 1999. C'est à cette époque qu'American Actors' Equity, un important ancien membre de la FIA a réintégré la FIA après neuf années de hiatus. D'autres initiatives pertinentes pour le secteur du spectacle vivant incluaient le Passeport EuroFIA pour la Danse, un programme d'échange et de solidarité concrète envers un groupe particulier d'artistes interprètes lorsqu'ils travaillent à l'étranger. La FIA a développé une relation étroite avec l'OIT à cette époque, est restée visible auprès des organisations de Sociétés de Gestion Collective de plus en plus influentes et, malgré la taille du Secrétariat, a tenté d'être présente partout où les intérêts des artistes interprètes étaient discutés ou potentiellement influencés, approche qui s'est depuis développée et qui a été à l'origine de belles réalisations.

A cette époque, le Secrétariat de la FIA était situé à Londres, mais la nomination de Dominick Luquer comme Secrétaire Général Adjoint à Bruxelles a marqué le début d'une importante nouvelle base pour la FIA en Europe, et la reconnaissance par les affiliés de l'importance des politiques européennes en ce qui concerne les intérêts des artistes interprètes. Les années 1990 ont été une période chargée et dynamique à la FIA, avec un Présidium enthousiaste et actif et des affiliés motivés et énergiques à travers le monde travaillant ensemble pour préparer le terrain de croissance et d'influence plus grandes encore.

Michael Crosby

1993-1996

Michael Crosby (à droite sur la photo) a rejoint Actors Equity à l'âge de 7 ans.

Il est devenu leur Responsable pour le Théâtre en 1976 puis Secrétaire Fédéral de 1981 à 1991. C'est lors de cette décennie qu'Equity est devenu le puissant moteur qu'il est aujourd'hui. Les membres du syndicat ont mené une campagne fructueuse pour un taux plus élevé de contenus australiens à la télévision, la réforme de l'aide à l'industrie cinématographique, la protection des emplois pour les acteurs australiens dans les rôles titres, l'étalement de l'impôt, l'augmentation des subventions pour les arts du spectacle, des rémunérations pour les rediffusions et résidus, les tarifs de SAF sur les productions financées à l'étranger filmées en Australie et des taux minimaux plus élevés pour les acteurs dans l'industrie. La décennie s'est terminée avec la négociation de la fusion d'Equity, du Syndicats des Techniciens et de l'Association des Journalistes.

Il a été Secrétaire Général de la FIA de 1991 à 1995 - une période de changements fondamentaux pour les syndicats en Europe de l'Est et le début des négociations pour une Convention sur l'audiovisuel couvrant les droits des artistes-interprètes.

Lorsqu'il est rentré de Londres, il a aidé à la conception d'un programme de construction de syndicat pour ACTU, sommet du Conseil Syndical, et a géré ce programme pour les dix années qui ont suivi. Vers la fin de cette période, il a écrit un livre, " Le pouvoir au travail, reconstruire le mouvement syndical australien " - depuis traduit en néerlandais et allemand. Il a ensuite fait un court passage au Service Employees International Union - un grand syndicat nord américain. Lors de cette période avec SEIU, il a mené une grande campagne pour organiser les agents d'entretien en Australie puis a ensuite déménager à Amsterdam pour créer puis gérer le Change to Win European Organising Centre.

Il est ensuite encore retourner en Australie pour devenir le Président national de United Voice, un syndicat général très large et a mené des campagnes pour organiser les agents de nettoyage et les spécialistes de l'éducation des jeunes enfants.

Il est maintenant de retour au sein de SEIU, travaillant en Europe et en Asie, pour aider les travailleurs à construire des syndicats puissants.

Rolf Rembe

1983-1993

Né en 1926, Rolf Rembe a été Secrétaire Général de la FIA de 1968 à 1973 et de 1983 à 1991.

Son père étant instituteur dans une zone rurale du sud de la Suède, Rolf a étudié la littérature et l'histoire à l'Université de Lund, ayant pour ambition de devenir enseignant dans le secondaire. Sa licence a été considérablement retardée par de nombreuses tâches aussi chronophages qu'instructives, dont rédacteur du journal des étudiants et président du syndicat des étudiants. Au lieu d'enseigner, il a commencé en 1953 en tant que journaliste dans un petit journal de gauche de Stockholm. Il a également travaillé pendant un an pour la Branche Suédoise de la commission internationale supervisant l'armistice après la Guerre de Corée. Puis, à partir de janvier 1956, il est devenu le premier secrétaire syndical permanent des Travailleurs du théâtre suédois (Svenska Teaterförbundet).

Rolf n'a pas étudié le droit. Il n'a jamais été acteur. Mais durant ses années à Lund, il est tombé amoureux d'une jeune actrice travaillant au théâtre de la ville de Malmö. Ses années avec elle lui ont donné un aperçu de la vie professionnelle - notamment des conditions économiques - des acteurs.

Le syndicat était vieux mais faible. Les membres devaient encore venir à bout des contradictions de leur profession : pour rencontrer le succès en tant qu'artiste ils devaient se produire ; pour obtenir des conditions de vie descentes ils devaient se préparer à refuser de se produire. Dans les années 1950, la télévision publique avait une forte position de monopole. Lorsque le syndicat s'est mis en grève en décembre 1963, la direction de la télévision s'attendait toujours à ce que les artistes interprètes " reviennent en rampant ". Ils avaient tord. Après une grève qui a duré 111 jours avec une discipline parfaite de la part des artistes, un accord acceptable a été trouvé.

Au Congrès de la FIA à Mexico City en 1964, Rolf a été élu Vice-président de la FIA. Lorsqu'en 1968 le secrétaire du syndicat membre français - Pierre Chesnais - a quitté son poste de Secrétaire Général de la FIA " à mi temps ", il a été demandé à Rolf de prendre le relais depuis Stockholm. L'arrangement a duré cinq ans jusqu'à ce que Gerald Croasdell soit premier Secrétaire de la FIA à temps complet basé à Londres.

La FIA était particulièrement importante dans les domaines de la radio, de la télévision et du cinéma. Inspiré par Gerald Croasdell et British Equity, Rolf a plaidé, bien qu'avec un succès limité, pour que la politique de la FIA soit 'une interprétation est une interprétation' et cette communication au public, qu'elle soit en direct ou enregistrée, doit donné droit à une rémunération séparée. De telles aspirations avaient rapidement mené la FIA, ainsi que l'organisation internationale des musiciens FIM, dans le domaine particulièrement rude des droits de propriété intellectuelle et des conventions internationales dont la Convention de Rome et l'Accord Eurovision.

Un autre défi a été de rendre la FIA véritablement internationale : ni les artistes interprètes des Etats Unis ni ceux de l'URSS n'étaient membres. Il s'agissait d'une tâche délicate dans une période marquée par la Guerre froide et le Rideau de fer traversant l'Europe. Avec beaucoup d'efforts et de diplomatie, le - alors Président de la FIA - tchécoslovaque Vlastimil Fiscar et Rolf ont réussi à amener les américains et les soviétiques à rejoindre la fédération au Congrès d'Amsterdam en 1970. Ironiquement, et tristement, c'est à la même période que Vlastimil Fiscar est devenu politiquement et professionnellement ostracisé par les décideurs de son pays pour être devenu " contre révolutionnaire ".

En 1977, après 21 ans avec Teaterförbundet, il a été demandé à Rolf de devenir directeur du théâtre municipal de Malmö (celui là même où il avait découvert pour la première fois le métier d'acteur). Après 3 années, il a déménagé à Copenhague pour devenir chef du département culturel du Conseil Nordique des Ministères.

En 1983, Rolf est retourné à la FIA en tant que Secrétaire Général à Londres devenant le successeur de son propre successeur : Gerald Croasdell. Son séjour à Londres a duré jusqu'en 1992. Ces années ont été largement dévouées à l'expansion de la FIA et à la consolidation de ses activités notamment dans sa coopération avec l'UNESCO et dans sa réponse au développement économique et politique de l'Union européenne. A son départ, la chute du Mur de Berlin et de l'Union Soviétique a ouvert une nouvelle situation pour les artistes interprètes et leurs syndicats en Europe de l'Est et a rendu leurs relations avec la FIA similaire à celles entretenues avec le reste du monde.

Gerald Croasdell

1974-1983

Fils d'un greffier d'un quartier de Londres, Gerald Croasdell avait une formation improbable pour un représentant syndical - même dans un milieu si spécifique que le théâtre. En outre, il n'y a pas trace de sang d'acteur dans ses veines. Avocat de formation, il a d'abord rejoint Equity en tant que conseiller juridique en 1950 mais c'est très certainement son sens politique plutôt que sa formation juridique qui l'a mis dans les bonnes grâces du secrétaire général d'Equity à l'époque, Gordon Sandison.

Le syndicat des acteurs était profondément déchiré par l'existence de factions, et la gauche radicale était temporairement en position dominante. De ce point de vue, Gerald Bright Croasdell qui avait étudié à Highgate, avait tout pour lui : président avant guerre du syndicat de Cambridge et membre des Apostles, leader de la section jeune de la Ligue des Nations Unies, étant particulièrement actif au nom des Républicains dans la Guerre Civile Espagnole.

Lors de son service militaire pendant la Deuxième Guerre Mondiale, Croasdell a d'abord été chef de char puis a occupé le rôle moins conventionnel d'agent de terrain de l'armée à bord d'un porte avion en Extrême Orient. A la fin de la guerre, il a été élevé au rang d'Officier de l'Ordre de l'Empire Britannique.

Découvrant que la pratique privée en tant qu'avocat ne répondait pas à toutes ses aspirations, il accepta avec soulagement le poste de conseiller juridique chez Equity - auquel sera plus tard ajouté celui d'assistant du secrétaire général -, rejoignant le syndicat au début de la Guerre de Corée. A cette époque, la tolérance envers les communistes et leurs compagnons de route était bien moindre qu'à l'époque où l'Union Soviétique était considérée comme le grand allié du Royaume Uni et ce même dans le mouvement syndical ; mais la réaction de Croasdell aux vicieuses querelles politiques qui menaçaient de détruire Equity était peut être surprenante. Bien avant qu'il reprenne le poste de secrétaire général en 1958, suite à la maladie et au décès de son prédécesseur, il avait compris que le syndicat ne pourrait survivre que s'il se concentrait sur les combats liés au droits professionnels et industriels, idée autour de laquelle tous leurs membres pourraient se réunir, qu'importe leur couleur politique.

Cette attitude ne faisait aucune différence quant à ces propres convictions politiques, qui sont restées résolument Marxiste et de gauche. Mais dans l'exercice de ses fonctions, il renonçait à toutes ses positions partisanes et courrait le risque d'apparaître aussi respectable et modéré que les costumes qu'il portait invariablement. Néanmoins, l'impression bureaucratique qu'il créait faisait de lui un négociateur efficace qui remporta quelques succès importants an nom de ses membres - notamment avec les fournisseurs télévisuels concernant les rémunérations pour les représentations enregistrées, à la télévision au début des années 1960. La BBC a dû plus tard - à l'époque des vidéos cassettes - se conformer avec le nouvel accord pour les acteurs qu'il avait mis en place.

Lorsqu'il a quitté Equity, bien avant ses 60 ans, Croasdell est devenu secrétaire général de la Fédération Internationale des Acteurs, une organisation à laquelle il avait été étroitement associé depuis le milieu des années 1950. L'histoire de la FIA montre que le développement de la Fédération a été profondément influencé par la contribution de Gerald. D'abord en tant que délégué de British Equity, puis en tant que Vice-président et enfin en tant que Secrétaire Général et Secrétaire Général honoraire. Il a permis à la FIA de trouver un équilibre délicat entre Est et Ouest à une époque où la rhétorique de la Guerre froide aurait pu détruire ce qui ressemblait à une alliance fragile.

Rolf Rembe

1968-1974

Né en 1926, Rolf Rembe a été Secrétaire Général de la FIA de 1968 à 1973 et de 1983 à 1991.

Son père étant instituteur dans une zone rurale du sud de la Suède, Rolf a étudié la littérature et l'histoire à l'Université de Lund, ayant pour ambition de devenir enseignant dans le secondaire. Sa licence a été considérablement retardée par de nombreuses tâches aussi chronophages qu'instructives, dont rédacteur du journal des étudiants et président du syndicat des étudiants. Au lieu d'enseigner, il a commencé en 1953 en tant que journaliste dans un petit journal de gauche de Stockholm. Il a également travaillé pendant un an pour la Branche Suédoise de la commission internationale supervisant l'armistice après la Guerre de Corée. Puis, à partir de janvier 1956, il est devenu le premier secrétaire syndical permanent des Travailleurs du théâtre suédois (Svenska Teaterförbundet).

Rolf n'a pas étudié le droit. Il n'a jamais été acteur. Mais durant ses années à Lund, il est tombé amoureux d'une jeune actrice travaillant au théâtre de la ville de Malmö. Ses années avec elle lui ont donné un aperçu de la vie professionnelle - notamment des conditions économiques - des acteurs.

Le syndicat était vieux mais faible. Les membres devaient encore venir à bout des contradictions de leur profession : pour rencontrer le succès en tant qu'artiste ils devaient se produire ; pour obtenir des conditions de vie descentes ils devaient se préparer à refuser de se produire. Dans les années 1950, la télévision publique avait une forte position de monopole. Lorsque le syndicat s'est mis en grève en décembre 1963, la direction de la télévision s'attendait toujours à ce que les artistes interprètes " reviennent en rampant ". Ils avaient tord. Après une grève qui a duré 111 jours avec une discipline parfaite de la part des artistes, un accord acceptable a été trouvé.

Au Congrès de la FIA à Mexico City en 1964, Rolf a été élu Vice-président de la FIA. Lorsqu'en 1968 le secrétaire du syndicat membre français - Pierre Chesnais - a quitté son poste de Secrétaire Général de la FIA " à mi temps ", il a été demandé à Rolf de prendre le relais depuis Stockholm. L'arrangement a duré cinq ans jusqu'à ce que Gerald Croasdell soit premier Secrétaire de la FIA à temps complet basé à Londres.

La FIA était particulièrement importante dans les domaines de la radio, de la télévision et du cinéma. Inspiré par Gerald Croasdell et British Equity, Rolf a plaidé, bien qu'avec un succès limité, pour que la politique de la FIA soit 'une interprétation est une interprétation' et cette communication au public, qu'elle soit en direct ou enregistrée, doit donné droit à une rémunération séparée. De telles aspirations avaient rapidement mené la FIA, ainsi que l'organisation internationale des musiciens FIM, dans le domaine particulièrement rude des droits de propriété intellectuelle et des conventions internationales dont la Convention de Rome et l'Accord Eurovision.

Un autre défi a été de rendre la FIA véritablement internationale : ni les artistes interprètes des Etats Unis ni ceux de l'URSS n'étaient membres. Il s'agissait d'une tâche délicate dans une période marquée par la Guerre froide et le Rideau de fer traversant l'Europe. Avec beaucoup d'efforts et de diplomatie, le - alors Président de la FIA - tchécoslovaque Vlastimil Fiscar et Rolf ont réussi à amener les américains et les soviétiques à rejoindre la fédération au Congrès d'Amsterdam en 1970. Ironiquement, et tristement, c'est à la même période que Vlastimil Fiscar est devenu politiquement et professionnellement ostracisé par les décideurs de son pays pour être devenu " contre révolutionnaire ".

En 1977, après 21 ans avec Teaterförbundet, il a été demandé à Rolf de devenir directeur du théâtre municipal de Malmö (celui là même où il avait découvert pour la première fois le métier d'acteur). Après 3 années, il a déménagé à Copenhague pour devenir chef du département culturel du Conseil Nordique des Ministères.

En 1983, Rolf est retourné à la FIA en tant que Secrétaire Général à Londres devenant le successeur de son propre successeur : Gerald Croasdell. Son séjour à Londres a duré jusqu'en 1992. Ces années ont été largement dévouées à l'expansion de la FIA et à la consolidation de ses activités notamment dans sa coopération avec l'UNESCO et dans sa réponse au développement économique et politique de l'Union européenne. A son départ, la chute du Mur de Berlin et de l'Union Soviétique a ouvert une nouvelle situation pour les artistes interprètes et leurs syndicats en Europe de l'Est et a rendu leurs relations avec la FIA similaire à celles entretenues avec le reste du monde.

Pierre Chesnais

1952-1968

Après une licence en droit et un diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris, Pierre Chesnais intègre le SNA (Syndicat National des Acteurs) en 1948 en tant " qu'agent général ". Il y met en place un service juridique et un service social.

En 1951, il est, avec Jean Darcante, l'artisan de la création de la FIA qui aura lieu en 1952 à Londres. Il en est nommé secrétaire général et le restera jusqu'en 1968. Les travaux portent entre autres sur les problèmes de coproductions cinématographiques, de diffusion télévisuelle, sur le droit de l'artiste interprète et sur diverses questions théâtrales.

En 1955, il est également actif dans la création de l'ADAMI (alors intitulée " Agence pour l'administration des droits des artistes musiciens et interprètes). Il en devient le premier délégué général-gérant et le restera jusqu'en 1968.

En 1957, il rédige pour le SFA et pour la FIA un projet de loi sur le droit de l'artiste interprète, destiné aussi bien au législateur français, qu'à être pris en compte dans une convention internationale (la première sera la Convention de Rome en 1961).

Malheureusement en France, la loi de 1957 sur " la propriété littéraire et artistique " exclut les artistes interprètes de la qualité d'auteur.

Juriste, mais également militant, Pierre Chesnais avait accepté au syndicat un salaire qui ne correspondait pas à ses références et en 1969, le syndicat des producteurs de disques (SNEP) l'engage en tant que délégué général. Il y restera jusqu'en 1986 et sera également directeur gérant de la SCPP (Société de gestion des droits des producteurs phonographiques) de 1985 à 1987.

Grand défenseur des droits de propriété littéraire et artistique, il est un des principaux contributeurs de la loi de 1985, dite " Loi Lang " instituant des droits voisins du droit d'auteur pour les artistes interprètes et les producteurs.

Il a été à l'origine dès 1984 de la " fondation " pour la création et la diffusion musicales sonores ", devenue ensuite FCM qui rassemble les sociétés de gestion et les syndicats d'auteurs, d'artistes interprètes et de producteurs phonographiques ainsi que les pouvoirs publics. Il en fut le président de 1985 à 1988 et en était encore président d'honneur à sa disparition en 2011.