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09.03.2005

AfroFIA: Portrait succinct du groupe et de ses activités

Étant donné le coût élevé des déplacements sur le continent africain et les nombreux obstacles auxquels il doit faire face, le groupe AfroFIA n’a pas la possibilité de se réunir régulièrement. Sa dernière réunion a eu lieu dans le cadre du 18ème Congrès de la FIA qui s’est tenu à Budapest en 2004, et lui a permis de participer activement à l’établissement des nouvelles priorités d’action de la FIA. Aussi bien la santé et la sécurité que la mobilité des artistes ou encore la structuration syndicale y ont été largement débattues. Les artistes-interprètes africains se trouvent dans une situation très précaire, travaillant souvent sans contrat, ne touchant pas de sécurité sociale et ne recevant que de maigres revenus – lorsqu’ils ont la chance d’être payés ! Leurs syndicats sont pratiquement sans ressources, tandis que les employeurs, refusant obstinément de considérer toute structuration syndicale, profitent le plus possible d’un amateurisme florissant, ce qui rend la syndicalisation du secteur de même que l’amélioration des conditions générales d’emploi des artistes-interprètes professionnels encore plus difficiles. Même dans les rares cas où il existe des syndicats, ces derniers sont généralement concentrés dans les capitales et, étant donné les grandes distances géographiques et les infrastructures insuffisantes, dans l’impossibilité virtuelle de vraiment toucher les régions du pays les plus reculées. Malgré ces insurmontables difficultés, nos collègues luttent sans relâche pour assurer aux artistes-interprètes de leurs pays un niveau de vie plus décent et pour faire en sorte que l’industrie du spectacle ait un caractère plus professionnel.

Assister à notre dernier Congrès a donné l’occasion à nos collègues africains de communiquer leur enthousiasme aux autres délégués venus de part et d’autre du monde, et de profiter de l’expérience des syndicats les plus solidement établis sur les autres continents.

Dans un effort de conciliation entre le nord et le sud, la FIA organise à intervalle régulier des ateliers financés par des sources externes émanant, pour la plupart, de confédérations syndicales étrangères. Des séminaires ont déjà été tenus à Accra (Ghana), Rabat (Maroc), Lagos (Nigéria) et Douala (Cameroun). D’autres auront sûrement lieu dans un avenir proche, s’il leur est possible d’obtenir une aide financière externe.

La FIA encourage également la mise en place d’« accords de jumelage » bilatéraux entre un syndicat de pays occidentalisés et un syndicat du continent africain. Ces accords permettent d’établir à long terme entre nos affiliés des relations réciproques enrichissantes, en fournissant aux syndicats africains l’aide nécessaire pour mettre en place des stratégies appropriées qui leur feront accroître leur importance dans l’industrie. Jusqu’à présent, deux de ces accords ont vu le jour, l’un entre Canadian Actors’ Equity et ORUUANO en Namibie, l’autre entre American Equity et NATAAZ en Zambie. Parmi les avantages sur le plan pratique, on compte la formation des responsables syndicaux locaux, la rédaction de contrats-type sur mesure, la signature d’accords, et plus généralement, l’apport de conseils et de connaissances sur des questions précises. D’autres accords de jumelage seront sûrement entrepris dans un future proche, étant donné le grand nombre de réponses positives à l’appel de solidarité lancé par la FIA.