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19.07.2019

Rapport de l’Atelier sur la protection sociale des professionnels des arts à Rabat, Maroc – Avril 2019

Plus d’une quarantaine de personnes ont participé à l’atelier organisé par le Syndicat Marocain des Professionnels des Arts Dramatiques (SMPAD) et la FIA à Rabat du 24 au 26 Avril 2019, dans le cadre des projets FIA financés par Union to Union en Afrique. Parmi les participants, les représentants officiels et gouvernementaux (Ministère de la culture, du travail, de la santé, de la Caisse nationale de sécurité sociale) ainsi que les représentants des associations et syndicats de travailleurs du secteur étaient très largement présents.

Profitant d’un contexte favorable au Maroc, le SMPAD, en étroite collaboration avec les autres organisations professionnelles, a entamé un travail de plaidoyer auprès des autorités pour obtenir la mise en place de systèmes de protection sociale en harmonie avec la nature du travail artistique et ses contraintes. Ce travail a mené à la révision de la loi de 2016 sur les artistes et les métiers artistiques qui stipule, dans son article 20, la mise en place d’un système de protection sociale des professionnels des arts.

L’objet de cet Atelier international a donc été de faire le point sur le système existant, sur l’actualité qui fait suite à la Loi sur le Statut de l’artiste et surtout, de paver le chemin qui reste à parcourir pour aboutir à une protection sociale optimale pour les professionnels des arts au Maroc dans un avenir proche.

Afin d’enrichir ce travail, des experts du groupe de protection sociale AUDIENS qui œuvre en France dans les secteurs de la culture, de la communication et des médias, ainsi que des représentants du SFA (Syndicat Français des Artistes-Interprètes) ont activement pris part aux panels de discussion. L’exploration du système de protection sociale des artistes en place en France permet en effet de dégager des pistes de réflexions et des modèles concrets, forts utiles dans l’élaboration d’un plan d’action pour les professionnels marocains. Le syndicat français accompagne en effet le SMPAD depuis plusieurs années à travers un accord de jumelage qui facilite l’échange d’expérience et de bonnes pratiques entre les deux organisations de travailleurs.

Au dernier jour de cet atelier, le SMPAD a pu présenter une série de recommandations adoptée par l’ensemble des organisations professionnelles marocaines présentes. Ces recommandations comprennent :  la Création d’un comité de suivi pour la continuation du travail amorcé (comprenant les autorités gouvernementales et les institutions nationales concernées ; les experts internationaux ; les organisations professionnelles) ; la  création d’un régime et d’une assurance obligatoires pour les autonomes et non-salariés qui travaillent pour eux-mêmes (En accord avec les lois 15-98 et 15-99) ; la création d’un observatoire pour la création d’une institution de couverture complémentaire à la protection sociale de base (retraite) ; et le création d’un Fond pour les « pionniers » et d’une caisse de compensation s’ils ne peuvent pas contribuer. Au vu de leur lien de subordination, les artistes interprètes doivent pouvoir bénéficier d’un caractère contraignant garantissant le prélèvement des cotisations.

Ces trois jours de travail ont également été émaillés de plusieurs moments d’hommages aux artistes pionniers (terme préféré à celui de sénior). Ces artistes pionniers, très connus et appréciés au Maroc, vivent aujourd’hui dans des conditions difficiles, voir critiques. Ils ne sont plus vraiment en mesure de travailler, alors qu’ils n’ont jamais pu accéder à des options ou mesures accompagnant l’encadrement de leur protection sociale. Le choix du SMPAD d’inviter ces artistes lors de l’atelier était une façon judicieuse de sensibiliser les officiels ainsi que les médias (les artistes pionniers ont participé à plusieurs interviews pours les médias nationaux) à l’importance et l’urgence de traiter de la question de la protection sociale des artistes-interprètes au Maroc.