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17.10.2016

21ème Congrès de la FIA – Rapports des panels de discussion

Comme lors des congrès précédents, certaines des principales préoccupations de la FIA ont été discutées lors de panels de discussion au long des trois jours de Congrès.

Panel #1 – Diversité et inclusion 

Modérateurr: Simon Burke

Panélistes: Duncan Crabtree-Ireland; Lisa Crazy; Jack Devnarain; Katja Holm; Arden Ryshpan

Le panel sur la diversité et l’inclusion, également le thème général du 21ème Congrès de la FIA, a commencé par la présentation par Duncan Crabtree Ireland, SAG-AFTRA, des résultats du l’enquête de la FIA sur l’Egalité des personnes LGBT. L’enquête a révélé que la discrimination envers les personnes Lesbiennes, Gay, Bisexuelles et Transgenre est toujours une réalité dans l’industrie du spectacle. En effet, malgré l’assomption générale selon laquelle notre industrie est tolérante, les pratiques discriminatoires – en particulier lors des castings – existent toujours. Dans le but de justifier ces pratiques, les producteurs font souvent référence à leur liberté artistique. Plusieurs panélistes ont souligné le problème que de nombreuses personnes – même à l’intérieur des syndicats – considèrent qu’il n’y a pas de problème majeur concernant les artistes-interprètes LGBT. C’est pourquoi l’attention doit être portée sur cette question. Arden Ryshpan a présenté les résultats du recensement de CAEA, qui confirme que les artistes-interprètes LGBT – mais également ethniquement divers et handicapés – ont souvent la sensation que leur capacité à travailler est diminuée. Elle a parlé aux délégués du long combat mené par CAEA pour aborder la non-discrimination dans les accords collectifs. Jack Devnarain, SAGA, a signalé que les questions LGBT étaient difficiles à adresser en Afrique dans la mesure où de nombreux pays africains criminalisent toujours l’homosexualité. Lisa Crazy, première panéliste transgenre de l’histoire de la FIA, a souligné les défis rencontrés par les artistes-interprètes transgenres et le rôle que les syndicats pouvaient jouer pour les soutenir.

Panel #2 - Le Traité de Beijing de l’OMPI et la défis en cours de la ratification 

Modérator: Dominick Luquer

Panélistes: Victor Drummond; Andrea Gutierrez; Bjorn Hoberg-Petersen; Abel Martin; David White

Le deuxième panel du Congrès avait pour sujet le Traité de Beijing de l’OMPI et son processus de ratification. Dominick Luquer a rappelé au Congrès la grande victoire de 2012 et la longue route depuis lors vers les 30 ratifications nécessaires pour la mise en œuvre du traité. Il a souligné le besoin de pédagogie et de patience dans ce lent processus. Andrea Gutierrez, SIDARTE, a évoqué l’expérience réussie au Chili et le besoin d’expliquer aux artistes-interprètes les conséquences que le traité pourrait avoir sur leur vie quotidienne dans le but de gagner leur soutien. Elle a également expliqué, avec Abel Martin, AISGE, les avantages du partenariat avec les sociétés de gestion collective. David White a souligné la nécessité de faire comprendre aux gens – et aux décideurs – que le traité signifie que les artistes-interprètes gagneront mieux leur vie, mais également que l’économie entière en bénéficiera. Tous les panélistes se sont accordés sur le fait que ce traité était une excellente occasion pour faire appliquer des droits indispensables pour les artistes-interprètes et ont mis l’accent sur le besoin d’engager les artistes-interprètes dans ce combat. 

Panel #3 – Statuts d’emploi et exercice effectif des droits fondamentaux du travail 

Modératrice: Dearbhal Murphy

Panélistes: Caspar de Kiefte; Oliver Liang, Benoît Machuel; Karan O’Loughlin, Alejandra Rincon

Le troisième panel de ce Congrès se concentrait sur des questions relatives au travail, en insistant en particulier sur les formes « atypiques » du travail dans le secteur et les défis qui en découlent. Karan O’Loughlin et Caspar de Kiefte ont partagé les expériences de leurs syndicats dans la lutte contre l’application problématique des règles de concurrence européennes pour établir des relations fondées sur la négociation collective au nom des indépendants. Alejandra Rincon a évoqué le rôle du syndicat argentin dans l’adoption d’une loi vitale pour les artistes : reconnaissant leur statut de travailleur, et leur donnant accès aux droits du travail. Il s’agit d’un cadre utile, mais il reste beaucoup à faire pour parvenir à son application complète. Oliver Liang a évoqué le travail de l’OIT dans ce domaine et les perspectives d’avenir. Il a également rappelé l’importance d’utiliser les ressources et protections offertes par l’OIT. Enfin, Benoît Machuel a clôturé le panel en donnant quelques exemples inspirants de la FIM, où la décision d’en appeler aux mécanismes de l’OIT pour défendre les syndicats membres a délivré de véritables résultats et a changé la volonté politique. Dearbhal Murphy a également brièvement décrit les travaux en cours au niveau européen, découlant du projet sur le travail atypique mené par la FIA pendant deux ans. 

Panel #4 – Contrer les politiques « deux poids, deux mesures » affectant les artistes-interprètes dans les productions internationales 

Modérator: Steve Waddell

Panélistes: Amit Behl; Gabrielle Carteris; Carlynn De Waal-Smit; Birna Hafstein; Johannes Studinger

Le panel #4 intitulé « Contrer les politiques « deux poids, deux mesures » affectant les artistes-interprètes dans les productions internationales » abordait les questions des coproductions internationales et des normes et conditions fortement variables souvent appliquées aux artistes-interprètes de différents pays dans ce type de productions. Le panel composé d’intervenants venus de différents pays a révélé la disparité des situations dans le monde en ce qui concerne les conditions de travail et les revenus. Amit Behl, CINTAA, a évoqué la situation en Inde, en particulier à Bombay, où un nombre croissant de films et de programmes TV sont produits. Il a expliqué que, comme en Afrique du Sud, les artistes-interprètes locaux et étrangers étaient traités très différemment. Les panélistes ont mentionné le cas du Hobbit et la mobilisation internationale qui s’en est suivie. Ce cas, et de nombreux autres, illustre le fait que la lutte contre les politiques « deux poids, deux mesures » dans les productions internationales n’est pas facile. Il est vital que les syndicats d’artistes-interprètes communiquent entre eux. Ils devraient recueillir des données et identifier les compagnies ayant recours à ces pratiques. L’industrie du spectacle est une industrie globale avec des problèmes globaux ; la réponse doit donc être globale.

Panel #5 – Renforcement des capacités des syndicats d’artistes-interprètes 

Modérator: Mikael Waldorff

Panélistes: Messaoud Bouhcine; Vladimir Kamen; Katalin Raksi; Stephen Spence

Le dernier panel du 21ème Congrès de la FIA s’intéressait à l’organisation des syndicats et à leur croissance. Comme Mikael Waldorff l’a rappelé, la FIA a une longue tradition de projets de renforcement des capacités. De nombreux pays – dans l’ancienne Union Soviétique, en Afrique et en Amérique Latine – en ont bénéficié au fil des années. Katalin Ráksi de SDS et Vladimir Kamen de CCCWU on commenté leurs expériences après la chute du Rideau de Fer. Que ce soit en Hongrie ou en Russie, la transition politique a eu un impact majeur sur les syndicats qui ont dû s’adapter au nouveau contexte. En Russie, le syndicat fait toujours face à un réel défis avec les artistes-interprètes de l’audiovisuel qui ne s’engagent pas auprès du syndicat. Messaoud Bouhcine du SMPT, et Stephen Spence d’Equity UK, ont présenté les accords de jumelage en cours entre le SMPT et le SFA au Maroc et entre Equity UK et GAG au Ghana. Les deux projets ont généré beaucoup d’enthousiasme dans les pays partenaires. Le projet au Maroc s’est avéré particulièrement réussi puisque le pays a adopté une nouvelle loi sur le statut social et légal des artistes et est en train de travail sur une loi sur la copie privée. La capacité à s’organiser est l’un des plus gros défis pour les syndicats. Comme Karan O’Loughlin l’a dit « si un syndicat ne grandit pas, il meurt lentement ». Plusieurs panélistes ont souligné l’importance de l’engagement des jeunes artistes-interprètes et le rôle que peuvent jouer les stars dans le recrutement. 

Crédits photo: Rodrigo Ono